Nouvelles de notre actrice relais au Sud

Nouvelles de notre actrice relais au Sud

 

Danielle Meunier, nous fait, à la fin du mois dernier (juin 2019), un compte rendu des avancements au Pérou, avec notre partenaire Sud principal " Les Jeunes Indigènes Inkas Vivants " :

 

 

En tant que chargée de projets, liée et aidée par Identité Amérique Indienne, je suis revenue au Pérou après un séjour de 2 mois à Liège. Ce mois de juin inaugure un changement, je ne vis plus à la ville de Cusco, je suis maintenant domiciliée dans la communauté de Huilloc, plus près de L’association de Jeunes Indigènes Inkas Vivants qui est partenaire d’IAI depuis 2010.

 

 

1)  Nouvelles du projet d’alphabétisation des femmes tisserandes soutenu économiquement par l´ONG Talitha Koum de Bruxelles..

L’association des Inkas Vivants a commencé son projet d’alphabétisation dans la communauté de Huilloc, (comptant 1000 personnes, à 3600m) c’est Nemesio qui coordonne le lien entre les élèves et l´école d´adultes. En 2018, ce sont 20 élèves qui se sont montrées intéressées. Cette année 16 femmes sont venues au cours. L’école Santa Rosa de Urubamba s’est engagée à envoyer 2 professeurs en alphabétisation d´adultes. Les professeurs sont venus les samedis matins, puis ont changé de jours et viennent les dimanches matin. Les enseignantes font un super effort ; depuis Urubamba, pour arriver à 8h30, les professeurs doivent partir à 7h du matin. Elles enseignent jusqu’ à 13h30. Le 21 juin, lors de l´anniversaire de la Ville de Urubamba, nos membres qui étudient ont défilé au nom de leur classe d’alphabétisation. Cela a été une visibilité pour notre classe devant la municipalité et la direction de l´école. Les cours sont une unique opportunité, pour les femmes de 30 à 50 ans qui n’ont pas eu la chance d’étudier, car l’école, si elles sont persévérantes leur donnera un diplôme.


C’est un défis pour nos membres, femmes tisserandes de participer aux cours. Certaines se sont rendues compte que leur désir d´apprendre est empêché par la mauvaise vue, elles ont besoin de lunettes qu’elles n´achèteront pas. D’autres ne trouvent pas le temps car les soins aux animaux, des enfants et de la maison ne leur laisse pas de temps libre.

Dans la communauté de Patacancha par contre, rien n’est encore fait, tout est à coordonner. Car la coordinatrice désignée en avril vit pour le moment en altitude (4600m) pour la récolte des patates. Et les femmes qui se sont montrées intéressées se sont mise tous les samedis matin à améliorer leur jeu de football féminin pour un jour prochain, organiser un championnat… c’est une bonne idée, mais les cours sont passés à la trappe. Il ne me reste qu’à trouver une solution, dans les prochains jours… A suivre

 

 

2) Manifestation de nos membres dans la communauté de Qelcanca. Cette communauté est une des 9 villages faisant partie de la « Cuenca patacancha ».

Quelques personnes de Qelcanca se sont mêlées de faciliter l’entrée d’une concession Minière. La riposte de l’entièreté des 9 communautés a été « Non à la mine et non à la contamination. » Ils sont convaincus que le projet de tourisme rural communautaire qu'ils développent actuellement leur sera plus profitable, car au moins, les retombées du tourisme se placent au niveau de la santé, les maisons installent des cuisines améliorées avec échappement des fumées au dehors, des installations solaires pour chauffer l’eau, des douches… les retombées du tourisme se placent au niveau de l’identité, le vêtement traditionnel est maintenu, un effort d’explication de l’histoire inca, un effort au niveau de l’art culinaire inca… et de plus le succès grandissant du tourisme chez l’habitant dans un futur proche, donnera plus de résultat économique que la mine, car au Pérou, les entreprises privées minières  emportent toute les richesses, cette injustice est induite par la constitution de Fujimori adoptée en 1993 et toujours de rigueur.

Nos membres donc ont élu la condamnation des quelques personnes qui ont invité la concession minière à être exclus de la vallée. Ils ne vivront plus dans la Cuenca Patacancha. Le terrain qui fait problème est un terrain de l’état et ouvre la voie aux concessions minières. Pour changer cette situation, et avec la participation de toutes les municipalités alentour, fournissant les jeunes plants, les communautés en travail collectif vont planter toute la superficie de ce terrain, et créer une zone verte reconnue par les autorités, ce qui va protéger de territoire de toute agression. De plus ces plantations de milliers d’arbres participeront à la lutte contre l’assèchement prévu dans le futur. Je suis fière de nos amis andins qui font les bons choix.

 

 

3) IAI inaugure ce mois de juin, une nouvelle formule de tourisme : « Le Pérou sac au dos »

Christiane s’est inscrite en 2018 chez IAI pour réaliser un voyage coordonné à la rencontre des communautés. C’est à dire que durant plusieurs mois, j’ai aidé Christiane à construire le voyage de ses rêves. J’ai donc conseillé, contacté les communautés et des agences, envoyé les réponses traduites (Oui, Christiane ne connaît pas l’espagnol), et depuis son départ de Belgique, avec l’aide de WhatsApp et Messenger, je suis en contact permanent avec elle. Son témoignage nous parviendra dans le courant de l'été.

 

Danielle Meunier, chargée de tourisme et projets sud au Pérou pour IAI.

 

 

 

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