Nouvelles Sud - août 2020

News Sud de IAI pour le mois d’aout 2020                                                                                                                        (article édité le 29 juillet 2020)

Danielle Meunier volontaire à Cusco-Pérou

 

 

La situation de la pandémie

 

Ici dans les hautes Andes du Pérou, la situation est toujours plus terrible. Fin du mois de juin, la quarantaine s’est terminée. Et donc les voyages entre Cusco et Ollantaytambo se sont réactivés, coûtant le double du prix. Ces recrudescences de mouvements ont augmenté beaucoup de cas de covid 19, entrainant le score total d’aujourd’hui de 18612 morts de covid ou d’autres maux. La conséquence est l’annonce d’une seconde période de quarantaine durant 15 jours, à partir du 1 août à Cusco et la Conveción, ainsi que d’autres villes. C’est l´hiver, il gèle toutes les nuits à - 2, voire moins 4 degrés et cela provoque aussi des refroidissements.

Au niveau économique, le mal se fait aussi sentir : 29000 entreprises péruviennes sont en faillite. On passe de la croissance économique à la subsistance et autosubsistance.

 

 

Deux bonnes nouvelles

 

La nouvelle enthousiasmante de ce mois de juillet est le don d’urgence d’IAI de 850 euros, ajouté à 350 euros donnés par le coopérant Suisse, au total 1200 euros.  Les autorités de notre association de jeunes indigènes inkas vivants ont coordonné durant 15 jours la recherche de vivres pour 35 familles, recherchant le meilleur prix et la meilleure qualité, car en cette période, le prix des vivres ont fortement augmentés. Depuis le 1er mars, il n’y a plus eu d’assemblée générale. Le 25 juillet l’assemblée générale covid fut organisée, avec la distribution de vivres, huile, farine, lentilles, sucre riz, sel, œufs, pates, gélatine, Quaker, savon vaisselle, javelle, alcool-gel, masques pour chaque famille membre de l’association.  Ce sont au moins des paniers de vivres qui sont arrivés directement entre les mains des, car la corruption gigantesque ambiante a permis ces derniers mois de remettre aux mains de 440 fonctionnaires de Cusco et Apurimac les aliments et non aux familles les plus pauvres. (Voir photos 1,2,3,4,5,6,7.) MERCI A IAI !

La seconde nouvelle enthousiasmante est que IAI et les Inkas Vivants ont gagné le projet de « SOLIDARITE LIEGE- MONDE » que propose chaque année l’Echevinat de la culture de Liège. C’est donc une somme de 4000 euros que la Ville de Liège nous envoie au Pérou, pour développer une nouvelle activité économique. En un an, jusqu’à juin 2021, nos 4 communautés auront l’occasion de faire l’inventaire des principales plantes médicinales, l’achat d’une marmite /alambique pour faire des huiles essentielles, le matériel pour faire 2 séchoirs solaires pour dessécher les plantes, des semences, des infusettes, des récipients, etc. Les trois temps forts du projet seront :

Visiter l’entreprise de Pisaq, « APU RUNA TIHUANA TTIKARAYPI » avec les 35 familles, pour apprendre de ses membres comment ils ont développé la fabrication des remèdes de plantes médicinales, et ensuite une formation de 4 jours avec deux spécialistes de la fabrication de remèdes, dans nos communautés.

L’autre temps fort sera la création de notre entreprise commerciale pour pouvoir vendre légalement nos produits, avec la partie marketing, les étiquettes, livres comptables, etc.

Enfin, se relier au réseau militant de promotion et valorisation de la médecine andine au niveau national, médecine traditionnelle et naturelle, pour affirmer les savoirs ancestraux et nous organiser davantage en tant que peuple indigène avec toutes ses caractéristiques culturelles, dont la médecine andine également.

Le but du projet est de permettre aux 35 familles de valoriser les plantes de la région et de créer un produit à vendre, de manière à augmenter un peu plus le pouvoir économique de chaque famille. Si les familles, peu à peu, créent leur emploi au sein de la communauté, les jeunes ne migreront plus autant et conserveront leur identité.

Deux mauvaises nouvelles

 

La semaine passée j’étais dans la communauté de Huilloc. Et j’ai appris que dans la communauté de Chupani, on a dressé une antenne 5G. Les gens de la communauté ont sacrifié un lama pour fêter ça, ils étaient tous contents de savoir que leurs enfants allaient avoir internet plus puissant pour étudier.

L’implantation de la 5G  fait débat partout dans le monde, notamment par rapport aux impacts sur la santé et la biodiversité. Elle est présentée comme une technologie, un progrès sans précédent pour tous. Toutefois, la conséquence évidente du déploiement de la 5G sera une importante pollution électromagnétique qui constitue déjà à l'heure actuelle un problème de santé publique. Quelle horreur, quels mensonges auprès de la population. Je cherche un spécialiste qui vienne expliquer les méfaits de la 5G aux comunéros… à suivre.

Une autre nouvelle très négative au niveau de l’agriculture au Pérou est l’adoption de lois permettant l’entrée des semences transgéniques cancérigènes. Le gouvernement Péruvien, soumis aux lobbys des USA n’a pas défendu, ni choisi la santé de ses citoyens.

 

 

L’agriculture du Pérou en 2020 en péril

 

En ces moments de pandémie, c’est l’agriculture familiale qui alimente les tables des habitants de la campagne et des villes. Différents secteurs de travailleurs ont reçu un peu d’aide, mais aucune mesure en faveur des petits agriculteurs.

Le Pérou est un pays d’agriculteurs. Les zones andines représentent plus de 97% des 2.2 millions d’unités agricoles. Avec la crise du covid, l’exode massif des habitants des villes vers les campagnes a allégé le travail, il y a plus de main d’œuvre, les jeunes ont arrêté l’université et sont retournés à la maison. L’institution millénaire de la réciprocité (Ayni, où je travaille un jour pour toi et tu travailles un autre jour pour moi) est revenue comme avant. C’est une très bonne chose. Il y a moins de frais, car on ne paie plus les journaliers. Retour au troc. Le troc est l’échange de produits sans argent. C’est une forme d’échange commercial plus solidaire et familial.

La menace virale a mis à la lumière de multiples difficultés.Tout d’abord, l’arrêt drastique des voyages entre les villes, menacés par les mitraillettes militaires, n’ont pas permis le transport des productions agricoles. Les productions ont pourri sur place faute de véhicules autorisés. Les acheteurs des récoltes ne sont pas venus et elles furent perdues. La commercialisation est au point mort. Une grande partie des semences de patates d’altitudes (patates natives) sont perdues. Et maintenant, personne n’a de patates pour les nouvelles semailles. Les semences vont commencer à manquer. En septembre, dans les Andes on travaille normalement la terre pour semer, mais là, il n’y a pas de semences. La production va diminuer. Avant, on gardait plus les récoltes. Dans quelques mois, il n’y aura pas assez d’alimentation. En octobre apparaitra probablement une famine car les aliments manqueront dans les communautés.

 

Crise de l’Education virtuelle

Le programme éducatif « J’apprends à la maison » ne fonctionne pas. Les ondes radio et TV n’atteignent pas les communautés. Les professeurs font l’effort de passer de maison en maison sans masque car il n’y en a pas assez. Mais ce n’est pas suffisant. Il y a plusieurs mois, il y eut de la part du gouvernement une promesse magnifique, un outil informatique, une tablette pour chaque famille. Et badaboum, aujourd’hui, j’ai appris que personne n’aura de tablette, la corruption a certainement joué encore cette fois.

 

news sud - covid Pérou 2020

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