Simon


« Aujourd’hui fut une belle journée… Je me lève un peu tard, vers 9h. Eux, ont un rythme des plus naturels… Ils se lèvent avec le soleil . De mon cote je commence à remettre en question mes habitudes de grand dormeur. Après avoir salué Fortunata, la mama de la famille dans laquelle je suis chaleureusement accueilli, elle me conduit dans la petite maisonette en pierres qui sert de cuisine et de salle à manger. A l’intérieur se trouve une cuisinière en terre cuite, une table, un banc, une chaise ou plutot un tronc et bien- sûr les fameux Cuy qui réclament à manger en murmurant sous la table. Je prends mon déjeuner qui commence par un chocolat chaud et du pain, s’en suit une soupe, puis une deuxième, je suis paré pour la journée ¡

Je remercie pour le service amical et m’empresse de lancer un commentaire sur la cuisine bien riche et généreuse. Je retourne ensuite dans ma chambre et m’occupe tranquillement, je révise mon espagnol me plonge dans une lecture et termine par une session d’harmonica. La vision du soleil depuis ma chambre me fait penser qu’il serait temps de prendre l’air. En effet je ne suis pas venu chez ces peuples autochtones si proches de la nature pour rester enfermé dans ma chambre. Aussitot sorti,  j’apercois Feliciano auprès de son épouse. Elle est occupée à tisser un poncho plein de vie. Le poncho est plus qu’un habit, c’est toute une histoire qui se cache derrière ses motifs et ses couleurs. Comme toutes les femmes de la communauté, Fortunata a toujours une pelote de laine entre les mains et tisse toutes sortes de vêtements. Cet artisanat sert aussi bien à leurs besoins directs qu’au commerce pour les touristes. Feliciano est assis sur un tronc d’arbre et démelle les fils de toutes les couleurs, certains  en laine d’alpaga et d’autres synthetiques mais ils sont tous teints naturellement avec des plantes, des écorces, etc.  Cette activité lui permet de se reposer après une matinée laborieuse dans les champs et surtout il aide son épouse et partage un moment de bonheur proche d’elle. Je me joins à eux, cherchant à m occuper à l’extérieur et me met à démeler les fils également. Je suis ravi de pouvoir me rendre utile, d’apprendre à réaliser quelques- unes de leurs occupations quotidiennes. J’ai le contact facile avec eux, ils n’attendent rien de moi et aiment les choses simples, naturelles, cela me convient et je suis à l’aise. Je décide d’entamer une discussion avec Feliciano, je lui demande quels sont les signes qui lui font percevoir un changement du climat… Ils n’ont pas le journal météo à leur altitude.

 Je sais que ce genre d’imformations peuvent être útiles pour Danielle et cela lui fera plaisir que je les lui rapporte. Il me répond avec intérêt, je comprends ce que je peux… Il m’explque donc que le déplacement des nuages vers le nord indique l’arrivée du soleil, vers le sud celle de la pluie. Quand cet oiseau chante, me dit il, c’est que la saison s’annonce bien, de même lorsque telle plante pointe le bout du nez, etc. Je finis d’extraire le fil vert de ce tas de noeuds et déguste ensuite une mangue et une orange que Fortunata nous a attentionnement apporté. Les fruits ne poussent pas ici, heureusement le marché d’Ollantaytambo se déplace jusqu’ici tous les dimanches. L’encas terminé je vais apporter mon aide à Feliciano deja occupé à nourrir le cochon de patates pourries. 

Je m’essaye à l’entretien du feu, je n’ai pas encore la technique parfaite. J’apprends qu’il faut superposer les bois de facon à laisser de l’air entre ceux -ci, je découvre aussi qu’une bouse de vache sèche est un super allume- feu.

 Quelques minutes plus tard, Fortunata est au fourneau. Au menu : guacamole, pommes de terre, maïs tostado et de l’énergie pour une après- midi de travail dans les champs. 

Comme prévu,  j’accompagne Feliciano. Après une heure de marche,  nous arrivons aux champs de patates. Le terrain surplombe des vestiges Incas, il y en a des dizaines ici dans la vallée sacrée, c’est magnifique!! Elle porte bien son nom d’ailleurs cette vallée.

 J’opte pour la lampa, un outil traditionnel qui permet de retourner légèrement la terre pour l’aérer et ainsi apporter plus de fertilité au sol. Feliciano lui opte pour l’épandage de pesticide!

 Et oui,  Mosanto est arrivé jusqu’ici il y a quelques années. Je suis un peu deçu mais après tout je respecte son choix et ce n’est pas moi qui travaille tous les jours plus de 7 heures dans les champs et je ne suis pas confronté aux mêmes difficultés que lui. 

Cependant, je me permets de lui expliquer modestement ce que je sais sur ce sujet.  Notamment que c’est un poison pour les sols, pour l’environnement et pour la santé. J’ajoute aussi que les insectes deviennent de plus en plus résistants à ces produits au fil des années et que par conséquent ceci incite à devoir en racheter plus chaque année. Il comprend et m’explique que ce concentré toxique est, de plus, chaque année un peu plus cher!

 La journée se poursuit paisiblement et avec le sourire. Nous rebroussons chemin et nous voila à la maison 1h après, déja attendus pour le souper. 

 Il ne nous reste plus qu’à être fiers et satisfaits de notre belle journée  traditionnelle pour eux , d’intense découverte pour moi ,et de partage à 3, qui s’achève désormais et cela m’a rendu heureux.  Mes yeux se ferment tout seul, rrrrrrrhhh pfff. » 

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