Antoinette


« Avant de partir à la rencontre d’un pays, d’un peuple et d’une culture, on a toujours des millions d’images et de questions en tête : on se renseigne, on lit des guides, on regarde des reportages, ... On peut arriver à se faire une idée approximative d’un lieu mais évidemment il est impossible de connaitre un endroit sans y avoir mis les pieds. Cependant, l’expérience, elle, c’est une autre histoire. Elle est toujours imprévisible, unique et personnelle. C’est elle qui est déterminante et qui est au cœur même d’un voyage. Par ces quelques lignes, je vais essayer de vous en dire plus sur ce que j’ai vécu au Pérou, et plus précisément dans les communautés quechuas de l’association Inkas Vivientes.  

Officiellement, la durée de mon stage pour l’Université Libre de Bruxelles devait être de 2 mois et demi. Avant mon départ, j’ai décidé de rester 5 mois sur place et d’étendre la durée de mon stage. Je ne voulais pas m’y rendre en touriste et repartir avec un sentiment de trop peu. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. Le jour où je suis descendue de cette avion, j’ai été accueillie par un professeur de l’école de langue que j’avais choisie pour apprendre l’Espagnol durant un mois. J’ai directement été éblouie par la vie dans la rue et l’architecture inca de la ville de Cusco entourée de gigantesques montagnes. Et dire qu’on est à près de 3400 mètres.... Toute mes inquiétudes sur le mal des montagnes ont été dissipée par le spectacle de la ville qui semblait m’accueillir, me dire bienvenue pour mes 5 prochains mois à venir. Cusco à quelque chose de très spéciale, une ambiance indescriptible qui perdure grâce à ses habitants qui se battent encore au jour le jour pour le maintien de leur traditions millénaires, celle de l’Empire Inca. C’est ce qui m’a le plus marqué sur cette ville. Bien que l’on soit dans une ville extrêmement touristique, on ne se sent pas comme dans un mauvais show pour touriste où tout serait fabriqué, surjoué, superficiel. Cusco est authentique, les touristes et les locaux s’y croise en toute simplicité, chacun vaquant à ses activités. Je ne dis pas que cette atmosphère de « Disneyland » que l’on retrouve dans plusieurs grandes villes du monde n’existe pas. Mais si l’on s’éloigne déjà de quelques mètres de la plazza de armas, nom donné à beaucoup de place centrale en Amérique latine, on retrouve la vraie ambiance Cuzquénienne, celle qui m’aura séduite et qui n’a toujours pas finit de me faire rêver.

 

Trois mois après mon arrivée, je reportais déjà mon billet d’avion, allongeant la durée de mon voyage à 6 mois. Sentiment de trop peu ? Et oui, encore, évidemment. Comme écris, la ville de Cusco m’avait déjà conquise, je ne pouvais espérer moins d’Ollantaytambo et des communautés d’Inkas Vivientes. Durant ces 6 mois j’ai fait des allers-retours entre ces trois lieus. Je ne pouvais jamais m’embêter. Ollantaytambo ressemble un peu à Cusco à la différence qu’elle est beaucoup plus petite et que ses ruelles sont parcourues par un ruisseau balisé selon un système d’écoulement des eaux du temps des incas. C’est une étape nécessaire pour aller voir le Machu Picchu. Située à 3h de Cusco dans la vallée des incas, cette ville colorée respire la culture quechua. De nombreuses communautés y vivent tout autours dans les montagnes. Celles que j’ai rencontré ont décidé de s’organiser pour créer un projet de tourisme durable et communautaire. Leur nom ? Inkas Vivientes. Littéralement « Incas Vivant ».  

 

 

L’association est composée de 50 familles issues de quatre communautés voisines. Danielle Meunier, les soutient depuis 10 ans en leur envoyant des touristes via son association liégeoise Identité Amérique Indienne. Malgré que certaine famille ait décidé de se former pour l’arrivée des touristes, il leur manque encore des compétences essentielles au développement de ce type d’activité dont notamment le marketing et la communication. C’est dans cette optique que Marc Fessler a été envoyé par la suisse pour une mission de trois ans.  Il est spécialisé dans le marketing du tourisme et a pour mission première de faire venir plus de touristes dans la communauté mais surtout d’apporter les compétences nécessaires à ce que les familles andines s’auto-gère dans la future. C’est ici que j’interviens en tant que stagiaire. Tout d’abord je suis partie à la rencontre des familles pour créer un inventaire qui permettrait à l’association de connaitre exactement les infrastructures dont elle dispose mais aussi les désirs des familles et la manière dont elles envisagent le futur. Quelle première mission incroyable ! J’étais seule, isolée du reste du monde, loin des villes hyperactives et désordonnées. Tout était à réapprendre, à observer, à comprendre, à admirer.

 

De nouveaux codes, de nouvelles organisations, de nouvelles manières de vivre, une nouvelle langue. J’en suis restée muette. Je suis alors partie à la rencontre des familles pour les interroger et compléter mon inventaire. J’ai eu la chance d’être accueillie dans la maison de chacune d’entre elles. Hors du travail formel, j’ai eu l’occasion de discuter avec eux et d’en apprendre un peu plus sur chacun d’eux. Inversement, eux aussi ont pu apprendre sur moi. Qui j’étais, d’où je venais et pourquoi je suis là. Personnellement, ce que je recherche quand je voyage, c’est l’humain. Oh non pas l’homme mais bien l’Humain avec un grand H. La différence dans la ressemblance. Nous sommes tous des hommes mais selon moi des humains différents. Notre culture et nos différences sont nos forces. Nous avons tellement à apprendre de chacun d’entre nous. J’en ai tellement appris grâce à eux.

 

Par la suite, les missions de mon stage ont été principalement de faire connaitre l’association et ses activités, sur place et à l’étranger. J’ai pu élargir mes connaissances sur mon domaine de travail future : le tourisme. Mais j’ai aussi appris beaucoup sur les peuples indigènes et leur culture, le Pérou, j’ai appris une nouvelle langue et je me suis découvert un pays de cœur. Il a été difficile de partir. Et depuis mon retour, je ne pense qu’à revenir. »

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