NEws SUD - Avril 2022


News écrites le 15 mars pour avril 2022

Danielle Meunier

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Actrice relais au Pérou

Coopération au développement et tourisme

 L’association de Jeunes Indigènes Inkas Vivants et ses projets en cours et à venir

 

Vous ne savez peut-être pas que je suis revenue 5 mois en Belgique à Liège, entre octobre et mars, pour célébrer la venue de deux délégations des peuples indigènes, une de Sarayaku (Amazonie Équatorienne) et l’autre des Zapatistes (région du Chiapas, Mexique). Dans ce laps de temps, je me suis fait opérer d’un genou pour, à long terme, améliorer ma mobilité. Ce séjour m’a permis de retrouver un contact direct  avec le CA dont je fais partie à distance et avec les 4 employées de IAI.

 

Mais à cause de ce  voyage en Belgique, j’ai dû interrompre ma gestion des projets et remettre tout entre les mains des personnes avec lesquelles je collabore au Pérou. Je voudrais vous les présenter.

 

Les ronderos sont 130 dirigeants de la ronda campesina qui gèrent la justice communale de 6000 personnes, vivant dans 13 communautés. Pour eux, il s’agissait de continuer à gérer de manière autonome le projet de 5000 $ remis par GGF ONG (USA), qui nous sert pour lutter contre la menace d’une concession minière au sommet de la vallée.

Feliciano Quispe Futuri, qui est devenu dirigeant de tous les ronderos de la Région Cusco, est descendu dimanche 13 mars à Lima pour participer à une formation de dirigeants sur les droits des peuples indigènes. Il vient de m’expliquer l’avancement du projet.

En janvier, les ronderos organisés ont voyagé pour réaliser une période d’observation et d’information au corridor sud minier et ils ont rencontré les victimes des dommages miniers de « Las Bambas ». En février, ils ont informé oralement les membres du groupe, à propos de leurs rencontres et de tout ce qu'ils ont appris sur les dommages miniers dont souffrent les populations, les animaux et l’environnement. Les toxiques métalliques chargent les corps humains, les eaux des lagunes et les font mourir.

En avril, deux dirigeants ronderos vont être reçus au Ministère des mines (Ingemed) pour annuler la concession minière menaçant 6000 personnes, les rivières, 17 000 alpacas  et l’environnement. Par la suite, se fera le travail de géoréférenciation des territoires des communautés concernées.

 

L’équipe technique de l’association de jeunes indigènes inkas vivants est responsable de la gestion d’un fonds de 17 000 euros octroyés par l’ONG SST (Suisse) pour que 37 familles bénéficient chacune d’une cuisine améliorée (sans échappement de fumées de bois). Cette première partie est terminée. La seconde partie de ce projet consiste en la formation des membres par un sculpteur de filtres d’argiles pour filtrer l’eau et éviter les parasites intestinaux.

 

En ce qui concerne les 2 prochains projets, le premier vise à obtenir 4700€ du « Fonds socio-environnemental » du Pérou, et il est en pleine rédaction , à suivre. Le second doit être rentré au Rotary Club de Liège pour l’achat de différents matériels permettant de poursuivre les  productions de shampooings, pommades à base de plantes médicinales, huiles essentielles et thés filtrants. Il faudra aussi chercher des financements pour le matériel destiné à la finition des chapeaux traditionnels et l’édition d’un livre sur les plantes médicinales de  nos communautés.

 

Avoir laissé en confiance la gestion aux équipes locales, alors que j’ai l’habitude de tout suivre de près, c’était un beau changement pour moi.  L’association Inkas vivientes et IAI (Identité Amérique Indienne) ainsi que moi, Danielle Meunier, sommes heureux de collaborer en harmonie.




Nouvelles de Mano A Mano- ONG à Lima

www.manoamanoperu.org


La majorité de nos voyageurs d’IAI au Pérou (77 touristes) connaissent cette ONG Franco-Péruvienne amie de Lima. En effet, depuis 2007, la Maison de Mano A Mano est notre auberge et notre premier repos en arrivant à Lima après le vol international. C’est aussi une opportunité de rencontrer l’équipe de femmes constructrices du quartier périphérique  de l’Ensenada à Lima.

Je suis revenue à Lima le 3 mars et je suis logée dans la maison de Mano A Mano. J’y travaille chaque jour et la directrice Sylvie Dumans elle aussi. Cela me fait beaucoup de bien être dans un lieu très tranquille et accueillant avec toutes les conditions de travail. Je peux participer à des rencontres collectives zoom avec l’association de « jeunes indigènes inkas vivants ». J’y resterai jusqu’ à la fin du mois de mars de manière à me laisser le temps de contacter universités et ONG et ministères concernant les projets des inkas vivants. En soirée, je vais à la salle de réhabilitation se trouvant dans ma rue. Pour ceux qui ne le savent pas, je me suis faite opérer le genou pour cause d’arthrose et d’absence de cartilage.

Mano A Mano est une ONG péruvienne sans but lucratif qui intervient depuis 30 ans à l’Ensenada. Son champ d’action appuie la société civile, la démocratie, l’équité des genres, l’éducation sanitaire et sociale, l’appui à la scolarisation et à la formation professionnelle, la protection de l'environnement, le développement économique. Deux associations françaises appuient depuis les années 90 dans le Perche, région de France mais maintenant peu d’aide arrive. L’Europe est bien frappée par le covid et les menaces militaires belliqueuses. Les ONG et les associations ont bien peu de force. Mano a Mano est en danger. La maison du quartier de Comas qui bourdonnait comme une ruche en 2019 a perdu ses 20 salariés qui activaient la boulangerie, recevaient les volontaires, faisaient les repas du restaurant solidaire, faisaient des glaces, travaillaient sur le terrain avec les femmes constructrices, produisaient de l’artisanat…

Les principales actions étaient menées par 80% du personnel qui était bénéficiaire :

1994, ouverture d’une pharmacie populaire.

2003, ouverture d’une bibliothèque et ludothèque.

2007, formation et alphabétisation des 30 femmes constructrices de murs de contention.

2010, ouverture d’un restaurant solidaire, aujourd'hui fermé pour covid.

2007>2019 constructions de murs de soutien, de parcs et de diverses infrastructures sportives.

5000m2 de parc ont été construits. 59 familles se chargent des espaces verts.

3000 enfants et jeunes peuvent pratiquer du sport, skate board, sur 900m2 aménagés.

1000 volontaires ont été accueillis, ainsi que de nombreux touristes.

50 jeunes sont formés comme animateurs et sont devenus professionnels.

 

En 2020 et 2021, durant la pandémie, MAM a pris en charge les malades covid et a organisé l’appui social et le renforcement scolaire.

 

Aujourd' hui, 15 mars, j’ai accompagné le docteur Maguy Levy, chirurgien-dentiste de Paris, venue 15 jours au Pérou en reconnaissance à Cusco (Qosqo maqi), la communauté de Pisaq, à Lima à la Ensenada et Santa Rosa. La reconnaissance a pour but de préparer une campagne de l’association Nomade Médical pour soigner les dents des jeunes et des adultes. J’ai pu faire la proposition de venir travailler au mois de novembre dans la vallée Patacancha avec les jeunes indigènes inkas vivants.

 

Bref Retour sur la crise de L'ÉDUCATION AU PÉROU et beaucoup d’espoir pour 2022

Au mois de mars au Pérou, l'événement est la rentrée scolaire qui revient presque à la normale. Cette année, les petits de primaire, les grands de secondaire et les universitaires, au total 8 millions de jeunes, rentrent en classe entre le 14 et le lundi 28 mars. Ces deux dernières années, à cause de la pandémie 2020 et 2021, l’éducation fut virtuelle. Un grand  pourcentage des jeunes (60%, c’est à dire 4 millions 800 mille) n’a pas pu suivre les cours par manque de fonds dans la famille, manque d’internet, de radio, de téléphone ou d’autres raisons comme les violences familiales (il est notamment apparu une augmentation de grossesses juvéniles également).  Ces jeunes sont restés donc sans aucune instruction.

La désertion scolaire au Pérou n’est pas nouvelle. Le travail des adolescents en 2017 se chiffrait à 7,70%. En 2018, il a augmenté à 8%. En 2019 à 9,80%. En 2021, 60% de jeunes arrêtent tout pour aider les parents dans l’agriculture de subsistance et le travail de rue non reconnu et sous payé. Avec le virus et la perte de travail des parents, le travail des adolescents s’est multiplié. Les maisons de jeunes sans famille ont fermé, laissant les jeunes sans protection dans la rue.

L’effet de la pandémie fut très grave. En 2020, 400 milles jeunes arrêtent les études. En 2021, 600 000 abandonnent. 1 700 000 étudiants supérieurs vont travailler pour nourrir la famille. En 2021, on enregistre 60% de désertion scolaire. Les gouvernements ont pourtant lancé des campagnes « apprends à la maison » et « Peru educa » sans succès. L’ONG PLAN fait une campagne de recherche de fonds avec le slogan « Le temps passe, toutes les 3 secondes en 2021 un enfant abandonne ses études. »

Le retour en classes semi - présentielles et la récupération des apprentissages perdus durant la pandémie sont donc très urgents. Le nouveau Président Pedro Castillo étant enseignant entend bien la chose et ce mois de mars met toutes les énergies de son  gouvernement pour améliorer le désastre.

Sans doute un grand changement se passe depuis janvier, et il faut le souligner, l’arrivée d’un nouveau Président élu par le peuple offre une transformation. Cette année,  le ministère d’éducation attribue 140 millions d’euros destinés à 8 millions d’élèves qui doivent éviter les contagions covid 19 en adaptant les classes avec les protocoles, en améliorant les toilettes et les services d’eau, en distribuant les kits d’hygiène dans tous les établissements scolaires.  50% des enfants de 5 à 11 ans sont vaccinés sans obligation. La nette décision est prise de ne plus affecter le droit à l’éducation tant bafoué en 2020-2021. Des auberges ont été organisées pour accueillir les jeunes qui habitent loin. L’engagement de professeurs est en cours. Finies les anxiétés, les tristesses, les frustrations et colères dues à la pandémie. Les professeurs sont rentrés depuis le premier mars pour les derniers aménagements.

Les années d’ancienneté des enseignants seront compensées peu à peu.  La part de salaire complémentaire auparavant était de 14%.  Cette année 2022, une augmentation de 50% est faite.  En 2023, il y aura 70% d’augmentation. Et en  2024, 100% pour année d’ancienneté.

Pour information, en 2019, le Président Kuzchinsky avait attribué 128 millions d’€ pour la rentrée. En 2020, Le Président Sagasti a fait fort, faisant un emprunt historique de 30.000 millions de soles, soit 7,50 milliards d’Euros pour couvrir les frais généraux de la république, y compris les frais d’éducation virtuels. Le Pérou en 2021 s’est endetté pour 100 ans.

Deux mots sur « la santé »,  l’autre thème important délaissé par tous les gouvernements du  Pérou depuis 50 ans… Maintenant, en mars 2022, tout semble revenir plus ou moins à la normale, on peut rentrer 100% dans les locaux, toujours avec des masques. Et la vaccination est obligatoire pour entrer dans les banques, les supermarchés, les restaurants et autres… Ce n’est pas pour autant qu’ il n’y a plus de contagion mais elle a fortement baissé, heureusement.

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